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Il n'est plus original de parler de la prolifération des images. Partout. Nous vivons dans un monde plein de photos, de vidéos... Dans les rues, dans les transports, et même de plus en plus dans nos poches, sur les écrans de nos téléphones, nous « subissons » des images qui nous parviennent à un rythme de plus en plus accéléré. Nous ne prenons plus le temps de les analyser, de les hiérarchiser. La plupart du temps, nous recevons cette masse de visuels de manière très passive.
Un festival comme Visa pour l'Image est là pour prendre le contre-pied de cet état de fait. En proposant des choix assumés, revendiqués. En donnant à chaque sujet plus ou moins d'importance, que ce soit dans les expositions ou lors des soirées de projection. En faisant comprendre l'importance d'une légende, en laissant à chacun la liberté de choisir son image favorite. C'est ce qui explique le choix assumé d'un format de tirages unique. Dans un magazine, faire une double-page ou une vignette est un choix éditorial. Une image sur une double est forcément plus importante qu'une vignette format timbre-poste, c'est du moins ce que l'on ressent. Dans une exposition, mettre en avant une photo en la tirant deux ou trois fois plus grande que les autres nous semble artificiel... Respectons la diversité de nos spectateurs. On sait bien que selon la composition d'un jury, le résultat d'un prix ne sera que très rarement identique.
Je veux revenir sur nos soirées de projection... Oui, nous revendiquons de présenter au public de Perpignan les meilleures soirées au monde. Jamais aucun festival n'a autant investi, en matière de réalisation et de technique, pour valoriser le travail des photographes. Nous pensons que c'est l'une des plus grandes particularités de Visa pour l'Image. Et nous en sommes très fiers !
Voilà. Après 21 ans, certains nous reprochent d'être par trop figés. Nous n'avons pas cette impression. Si la forme et le fond ont beaucoup évolué, la ligne reste la même: présenter le meilleur de la production, découvrir les talents de demain, et faire redécouvrir les plus grands photographes du monde. Nous nous y attelons. Toujours avec le même enthousiasme et la même passion.
Jean-François Leroy
9 juillet 2010
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