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Martin Karachorov - Impermanence humaine

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Les rêves sombres de Martin Karachorov racontent la fragilité de l'existence. Entre amour et absence,  identité et histoire collective, ses images dépeignent un monde beau et inquiétant, à l'image des sentiments qui, tous, nous habitent.

Si les photographies de Martin Karachorov sont touchantes, c'est en partie parce qu'elles expriment une mélancolie éloignée du désespoir. Habitées par une tristesse particulière, ses images sont un regard sur les événements de la vie, des hommes, des peuples. Elles sont un constat de la magie délicate de l'instant présent, passé et futur.

© Martin KarachorovRien d'étonnant donc à ce que sa passion pour la photographie soit née d'une histoire d'amour. « J'ai acheté mon premier appareil photo il y a 3 ans. Juste après, j'ai rencontré ma femme qui était alors étudiante en photographie. Nous avons appris ensemble et travaillons maintenant conjointement, partageant idées, points de vue et critiques. » Elle est d'ailleurs son principale modèle et en partie source d'inspiration. Ensemble, ils parcourent leur pays, la Bulgarie, à la recherche des traces d'une époque révolue, d'un passé qui peine à cicatriser.

Maintenues sous domination ottomane pendant plusieurs siècles, les terres bulgares ont du subir ensuite le passage de nombreuses oppressions. La dernière en date est celle des communistes. C'est dans les bâtiments décrépis de cette époque que Martin Karatchov et sa femme explorent la mémoire qui là-bas s'est figée. « Nous visitons principalement des fermes abandonnées, des usines, des entrepôts, des hôpitaux, des unités militaires. Une fois nous avons même trouvé un zoo abondandonné. Dans ces lieux, l'esprit du passé est demeuré intact, ils nous rappelle que nous ne devons pas recommencer les erreurs ».

Ils leur inspirent également une réflexion sur l'inconsitance de la vie, sur sa futilitité.

Photographier les restes, c'est mettre en évidence la transformation de vies en débris, en déchets, c'est montrer que l'attention portée aux choses peut n'avoir comme avenir que le rien. Ce qui a vécu n'est plus et n'a laissé comme traces que du verre brisé et du ciment éclaté.

Le noir et blanc ajoute au mysticisme et fait exister, pour un temps seulement, les fantômes de ceux qui jadis ont été. « Ces gens ont vécu, travaillé, ont aimé dans ces maison. Maintenant il ne reste d'eux que des ordures. Ça me rappelle combien nous sommes transitoire et ça m'effraie. Il semble que les déchets soeint plus constants que nous, ce qui est encore plus angoissant ».

© Martin KarachorovIl y a donc la disparition des vies mais aussi celle de la culture et d'une manière de vivre. « Dans beaucoup de villages, aucun bébé n'est né depuis des décennies. Les jeunes vont dans les villes, les villages se vident. Seules les Rhodopes, les plus belles montagnes bulgares,conservent la vie traditionnelle mais tôt ou tard elles seront elles aussi peuplées de maisons vides .»

Si la mort semble omniprésente dans l'œuvre de Martin Karachorov, il n'en délaisse pas pour autant la vie et ses diverses facettes. L'humain est au cœur de ses réflexions. Présente ou absente, c'est l'existence humaine et ses possibles qui sont à la source de son inspiration. Perdu au milieu des éléments naturels, brume et végétation, l'homme cherche sa place. Au milieu du temps pour qui il n'est rien, l'homme cherche sa place.

Entouré de la foule, noyé dans une somme de visages inconnus, l'homme cherche sa place. La photographie et sa matière n'apportent pas de réponse. Elle fige le cours du temps et les mouvements du sens. Elle permet d'illustrer la réflexion en lui offrant une beauté poétique. Ce de quoi elle est constituée rappelle la réalité physique de ce que sont les choses. Comme la lumière joue sur les éléments chimiques et les modifie, nous nous soumettons à la matérialité de ce que nous sommes. « La texture est l'âme d'une photo. Une photo avec des matières ignorées est plate et vide. C'est ce qui donne l'impression générale, ce qui complète l'idée d'une histoire achevée. »

Portfolio de Martin Karachorov

 

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