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Laurent Robillard - Après

Tremplin
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Evidemment les photographies de Laurent Robillard dérangent. En revisitant la nature morte, il oblige le spectateur à faire face à la plus mystérieuse de ses destinées. Ses carcasses mises en scène dans une lumière esthétisante confrontent l'horreur à la beauté.

© Laurent RobillardDans ses jeunes années, Laurent Robillard se destinait à une carrière artistique. Il peignait, « dans un registre expressionniste, assez violent, des personnages, des femmes surtout, hystériques, libidinales et difformes. J'étais aussi dans une quête mystique où je reconstruisais des modules-sculptures qui auraient été  à l'origine de la vie terrestre » et photographiait « le mouvement, le hasard lumineux, ces événements du quotidien qui ne durent que le temps de la photographie et qui n'existent que par elle. ». Mais la vie en a décidé autrement et c'est dans l'enseignement qu'il a fait sa carrière. De cette époque, il n'a gardé qu'une toile ; le reste ayant été détruit par ses soins. Quittant volontairement le monde de la création plastique, il se consacre aux arts martiaux et part à travers eux à la recherche « du mouvement parfait et à l'expression de celui-ci ». © Laurent RobillardDevenu père de famille, rien ne semblait l'écarter du nouveau chemin qu'il s'était choisi. Mais il y a trois ans, sa femme décède au bord de la route fauchée par un chauffard. « Je me suis rapproché de l'art aussi rapidement que j'avais pu m'en éloigner, j'ai peint pour  évacuer brutalement ce qu'il y avait de plus noir, j'ai photographié mon entourage pour reconstruire l'espace nouveau dans lequel j'aurais  à vivre désormais, j'ai reconquis l'espace extérieur en quête de ces détails qui ne sautent  qu'aux yeux de ceux qui ont la sensibilité exacerbée par  la force de la vie. La photo a été pour moi le moyen de regarder ce qui existait autour. Je travaille donc sur un style de photo hypersensible et non informative. Mon but n'est pas de photocopier le réel mais de faire rentrer le regardant dans ma neutralité virtuelle pour que celui-ci interprète mon regard. ». C'est à cette époque qu'il commence à s'intéresser aux cadavres d'animaux qui jonchent les bords des routes et les voies ferrées. Les différentes étapes de la décomposition le fascinent. « Je me contentais de conserver l'image, de les mettre en scène par le cadrage le simple constat de la mort la plus brutale par une transcription exacte via la photographie... ». Subjugué par les corps que la vie a quittés, il décide d'aller plus loin en les mettant lui-même en scène, chez lui. « J'ai commencé  à utiliser le poulet, seul cadavre animal que l'on peut acheter en entier dans le commerce, parce que le poulet ressemble  à l'homme dans sa nudité épidermique.... Je l'utilise donc comme une matière sculpturale, un vecteur de ma sensibilité. © Laurent RobillardJe le mets en scène pour représenter le prix de la souffrance humaine, de la souffrance psychologique quand je place une petite tête sculptée en place  de celle de l'animal ; de la souffrance physique sacrée quand les images font penser à une crucifixion, de la souffrance mystique et extatique, à la manière de certains peuples amérindiens (la danse du soleil), quand je l'accroche avec des hameçons, de son simple état d'animal mort  festif quand je l'embellis de guirlandes à l'époque de noël. Je commence une série quand plusieurs éléments se rencontrent : l'animal, les objets de référence à  la souffrance, hameçon, câbles, pinces, ...etc. ». La vue de ces tableaux a quelque chose de dérangeant, mais c'est en toute conscience que Laurent Robillard présente son œuvre : « Il n'y a pas un sens  à mes images mais un axe de construction pour celui qui le regarde. Le « poulet » peut  être vu comme crucifié, torturé, empalé...il n'est cependant que ce cadavre originel acheté en grande surface et sur lequel jamais aucun regard n'est porté autrement qu'à l'instant de sa dégustation. Je lui donne un instant d'éternité en rappelant au spectateur que l'oiseau peut ressembler à l'humain et que l'humain va voir à travers lui une partie de sa  propre existence. La mort  à travers la souffrance représentée va rapprocher ces deux êtres. » 

Portfolio de Laurent Robillard

 

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