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Eda Emirdag - Visions rêvées

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Triple traduction en image des interpretations sensibles, des mots et des idées, le rêve met à notre disposition une réinterpretation inédite et entièrement subjective de la réalité. Le connu se déforme et se mêle à la réécriture inconsciente des souvenirs. Ces réminiscences du quotidien, visuelles, olfactives, tactiles, sonores ou même idéïques, se traduisent dans le rêve par un flot d'images organisées dans un temps incohérent, au contenu frôlant l'inintelligible.

© Eda EmirdagLe rêve n'est pas absurde, il repose sur des mécanismes qui nous échappent. Au réveil, la pensée est troublée, elle essaye de réunir les bribes, de fixer les couleurs, les impressions... et déjà tout n'est plus là. Eda Emirdag se sert de ces restes pour composer ses images. En se concentrant sur une seule scène, elle intensifie le souvenir et le rend manifestement pictural et narratif. Comme dans le rêve, la lumière joue un rôle de fil conducteur, elle est le chemin vers une tentative de récit. Elle pénètre par des interstices improbables pour mettre en avant un personnage, un lieu, un objet.

Elle crée des teintes surréelles et détaille l'importance accordée à l'histoire : un bleu profond envahit un ciel couvert, un rouge saigne sur un visage, un autre tâche en dégradé un rideau épais. Dans les photographies d'Eda Emirdag, plusieurs images se superposent, se joignent, s'additionnent pour mieux retrouver l'étrangeté d'un souvenir. Une fenêtre s'ouvre sur un canapé, un sol carrelé est verticalement posé près d'un mur dont l'existence n'est pas avérée, des textes sont superposés sur un visage ou un corps nu.

© Eda EmirdagCes textes sont ceux de la chanteuse et poétesse turque UmayUmay, celle à qui Eda a dédié toute sa production. Umay, dans la mythologie chamanique turque est la déesse de la terre et de la fertilité, son nom signifie placenta. Il est assez intéressant alors de savoir qu'elle fut une des premières à croire en cette jeune photographe et à l'encourager. Eda Emirdag est venue à la photographie à la suite d'une rupture amoureuse. Pour la sortir de sa douleur, sa mère lui a fait cadeau d'un appareil photo.

Eda s'est mise alors à photographier tout et n'importe de quoi : un caillou dans une rue, une scène de film, l'œil gauche d'un homme... Puis elle a rencontré Umay et celle-ci lui a offert un nouvel appareil, l'a poussé à devenir elle-même. Entourée de bienveillance féminine, Eda puise sa force créatrice dans ce que lui inspire les femmes : « Je regarde le monde à travers leur perspective » dit-elle. Elles sont partout présentes : dans l'embrasure d'une porte, allongées sur une table, un banc ou un lit, repliées sur elles-mêmes dans des lieux confinés... et ce qui est déroutant c'est qu'elles sont sans visages : « Je prendrais le visage de mes modèles si je voulais le mettre en évidence. Je ne suis pas une portraitiste. La position du corps m'intéresse dans ce qu'elle exprime, un visage dit des choses complétement différentes. ».

© Eda EmirdagCe que racontent ces corps s'apparente au mystères du rêve. La forme littérale ne l'intéresse pas. La symbolique de leur positions est à chercher dans des strates plus abstraites. Les images d'Eda Emirdag communique avec l'inconscient de chacun, le sentiment est transmis sans nécessité de traduction. Il en va de même pour les titres qu'elle donne à ses images. Peut-être faudrait-il connaître le titre original en turque mais la traduction quelque fois un peu maladroite en anglais ajoute un charme mystérieux à l'interpretation de ces étonnantes images : « It's same to all langage », « If you wake up, we'll cry », « Crystal Cinema »... Fabriquées selon un processus mécanique, chimique et modifiées parfois par l'informatique, cette banque d'images sorties de l'inconscient de cette jeune photographe sont un ravissement tant pour la pensée que pour les sens. Eda nous dit que nous l'avons rencontré un peu tôt. Nous sommes heureux de l'avoir découverte à ce moment là et attendons avec délectation sa future maturité.

"At the most dreamless places of their hearts
I stood aghast in all of a sudden .
I'm the evil one,who's name is virtue?
I insert the wind inside of me by a knife,
And say I'll get better.
I say,I'm sickened with making love on the broken glasses.
I say,I was looking for few pain,i was drinking my own blood.
I'm speechless,
And i don't have a father too."

Préface de « The Bitch Red » d'UmayUmay.

http://sahasrara.deviantart.com

Portfolio d'Eda Emirdag

 

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