Fine Art Tv - Photographie film video art
Vous aimez FineArtTv?
Contribuez à son développement :
Inscrivez-vous à la Newsletter

André Kim

Tremplin
Devenez Membre Prémium pour voir la vidéo en haute qualité (divx, mov ou wmv)
En partenariat avec
fotocommunity deviantART

André Kim - little K -
A la fois sculpteur et photographe, André Kim place, dans la rue, les petits personnages qu'il crée et propose une lecture poétique de l'espace urbain. Interview.

- Comment êtes-vous entré dans le monde la création ?
J'ai étudié les arts plastiques à l'université. Pendant ces années d'études, j'ai développé une pratique artistique basée principalement sur le dessin et la peinture. Tout l'histoire de l'art m'intéressait mais je me sentais plus proche d'artistes comme Alberto Giacometti, Thomas Schutte, le Tintoret et Daniel Richter.

© André Kim- Vos photographies présentent des personnages que vous modelez et installez dans une cadre urbain. Votre œuvre implique l'union de deux disciplines artistiques. Abordez-vous votre travail d'avantage comme un sculpteur ou comme un photographe?
Bien entendu il y a dans les personnages des chill out une recherche sur le modelé, sur l'attitude corporelle et sur le matériaux utilisé. Je donne aussi beaucoup d'importance à la mise en scène des photographies, à leur composition et à la lumière. Mais les chill out sont avant tout une expérience d'exploration et de prospection géographique, de découverte de nouveaux espaces.

- Comment avez-vous initier ce projet de Chillin' out?
J'avais entrepris une série de portraits d'enfants à l'aquarelle dans laquelle je réfléchissais à la question de l'identité en mouvement. La manière dont je représentais les visages faussait le processus d'identification et c'est ce qui m'intéressait. Un jour, j'ai modelé avec de l'argile un personnage dans un même esprit de non-identification. A côté de cela, je suis allé au spectacle de danse "2008 Vallée" chorégraphié par Mathilde Monnier et avec Philippe Katerine. Après une heure d'agitation, les corps se sont relachés et se sont posés dans des attitudes qui me paraissaient riches de sens. J'ai été marqué par cette image. Je commençais aussi à m'intéresser au street art et aux pratiques d'intervention urbaine. C'est un peu plus tard que j'ai fais mon premier personnage avec une capuche vide, avec une attitude de chillin' et encore plus tard que j'ai fais ma première photographie avec ces personnages.

- De quelle manière choisissez-vous l'espace dans lequel vous allez intégrer vos personnages?
Je n'ai pas de réels critères. Même si j'ai posé des personnages en dehors des villes, mon terrain de prédilection est l'espace urbain. Ensuite,  c'est la ville et son architecture qui orientent mes choix.

- Qui sont ces êtres à capuche? Que représentent-ils? Pourquoi se retrouvent-ils à habiter les espaces extérieurs?
Les personnages sont inspirés de la culture urbaine, des vêtements hip hop et de skate, mais il y a aussi un côté lutins chez eux. Ils donnent la possibilité de contextualiser un lieu. Qui sont-ils ? Que font-ils là ? Ces personnages permettent de perturber les habitudes. Le passant grâce à eux s'arrête là ou peut-être il aurait continué son chemin. L'espace urbain et sa temporalité est ainsi modifié.

© André Kim- Doit-on comprendre que vous installez vos personnages de manière permanente dans le lieu où vous les photographiez?
Au début, je ne les laissais pas là où je les prenaient en photo. C'était donc la mise en scène photographié qui comptait. Maintenant, je les laisse. J'ai parfois des problèmes de collage mais à long terme chaque perso reste où je les ai placé pour la photographie.

- Vos manières d'aborder la construction de vos photographies sont diverses mais certains types semblent être récurrents. Quel sens donnez-vous au cadrage ?
Il y a pour la majorité des photographies, un lieu présenté comme paysage en arrière plan et un premier plan où l'on voit les personnages posés sur un support. Je compose avec ces trois éléments : lieu, support et personnage. Je fais des repèrage avant de modeler mon personnage. Pour la question de la prise de vue, je mets en général l'appareil photo à hauteur de la sculpture. Je fais toujours un cadrage large, cela permet de donner une vue d'ensemble du lieu et d'englober les personnages dans l'environnement choisi. Je joue aussi avec l'echelle de mes sculptures pour leur donner une envergure plus importante que ce qui est en réalité, cela ajoute à l'étrangeté à la situation.

- La nuit paraît être votre moment de prédilection...
La nuit est propice à l'exploration. Il y a peu de circulation et je préfère les rues désertes. J'aime également ce qu'ajoute à la photographie les poses longues nécessaires pour ce type de luminosité. Mais c'est vraiment l'espace qui définit le moment de la photo car je fais avec la lumière disponible.

- Croyez-vous que le temps passé dans un espace esthétiquement hostile peut le rendre appréciable?
L'espace n'est pas à apprécier ou à aimer mais seulement à vivre. C'est pour cela que les cages d'escalier ou les entrées d'immeubles sont riches de vie partagée, de discutions anodines et pourquoi elles ne constituent pas seulement des espace neutre.

- Percevez-vous la rue comme un espace habitable?
La rue doit être habitable. La rue comme tout espace a un potentiel créatif et poétique infini. Les chill out sont aussi là pour montrer cette énergie en latence.

© André Kim- Pensez-vous que la suspension du temps rende l'individu plus perméable à l'appréciation de son environnement extérieur?
A la base, c'est bien en opposition à l'agitation et à l'aliénation qui en résulte que j'ai défini l'attitude de mes personnages. On peut se sentir prisonnier d'un temps qui ne serait pas le nôtre. Il n'y a pas qu'un principe de déroulement inexorable du temps, il est possible de le suspendre en créant nos propres moments de vie. Quand je donne à voir mes personnages intégrés dans un environnement, je crée un temps autre. Ils n'y font rien de défini et cela permet d'ouvrir le propos. Ce n'est pas seulement ce qui est présenté comme présence mais ce qui est posé devant ou ce qui est proposé à vivre. C'est en cela que la pratique des chill out est avant tout une manière de vivre l'espace, de l'explorer comme un terrain de jeu.

- Vous avez créé plus récemment des personnages à une échelle supérieure et modelées dans du grillage. Quelles nouvelles possibilités ces changements vous offrent-t-ils?
Cela permet une confrontation différente avec l'oeuvre. La sculpture à taille humaine est un miroir alors que les personnages petits comme une main donnent d'avantage à voir l'environnement. Ensuite, le matériaux utilisé propose une qualité plastique illustrant des questions différentes. Même si les personnages modelés avec du grillage à poule sont à taille humaine, ils sont presque invisibles. C'est cette présence subtile qui m'interesse.

- Vous exposez également dans des galeries. Quel sens cela a des présenter vos sculptures dans un lieu fermé?
Ces personnages, les "Chillin' ghost", sont à considérer indépendamment de l'espace où il s'intègre. Je les crée donc comme de véritables sculptures.

Portfolio d'André Kim

 

FineArtCity - Share your Creativity !