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Stefano Zardini

Tête à Tête
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Visa pour l'Image 2008

Stéfano Zardini a débuté ses études de photographies à Milan à l'institut technique de photographie. Il est ensuite parti à Londres où il s'est spécialisé dans le portrait et le reportage. Au début des années 70, il commence une carrière de photographe indépendant. Il travaille pour de grands magazines de mode comme Vogue et Harpers Bazar. Il travaille aussi pour des magazines de géographie et ses photos panoramique apparaissent dans Airone, Bell'Italia, Bell'Europa, Atlante, Berge, Alp, AD-Architectural Digest, European Travel & Life, Ski et d'autres.

© Stefano ZardiniMais bientôt, son attention se fixe sur le photo-journalisme. Ses différents contrats l'amènent à parcourir le monde entier, visitant et documentant la vie et les conflits de 55 pays. Il a suivi l'Angola en 1988, le Mozambique en 1988, le Chad en 1986, Iran-Iraq en 1987. Il est l'un des rares photographes étrangers à avoir pu entrer dans des zones closes comme le Nord-Vietnam en 1985, Oman et le sud-Yemen en 1987. Ses derniers reportages sur le trafic d'héroïne ont été réalisés en Asie Centrale.
La FEP, l'a récompensé pour ce reportage en lui décernant le QEP en 2004.


Chronique d'un reportage sur la route de l'héroïne (extraits)
(aux côtés des chasseurs d'héroïne à la frontière de l'Afganistan et du Tadjikistan)

Printemps, chaque matin les jeunes hommes du camp n°8 se lèvent et quittent la grande chambre souterraine qui les protège des températures torrides de l'extérieur. A cet endroit, les maximales dans la journée peuvent atteindre 52°C à l'ombre.
Les jeunes, dix mille d'entre eux, sont des soldats qui depuis plusieurs mois maintenant sont dispersés à travers cent camps comme celui-ci pour garder le cours de la rivière Pyandzh qui, le long de ses 1700 kilomètres, marque la frontière du nord de l'Afghanistan avec le Tadzhikistan. Cette rivière est aujourd'hui un point de transition pour plus de 1.000 tonnes d'héroïne par an.
© Stefano ZardiniSix heures passées dans la jeep UAZ et j'atteins un petit avant-poste à un endroit appelé Khirmanjo. Deux jeunes, attachés et les yeux bandés, marchent vers nous parmi les nuages de poussière levés par les véhicules blindés. Ils viennent d'être capturés. Ils naviguaient sur la rivière Tadjike à bord d'une embarcation rapiécée et à l'aide d'avirons faits maison. Ils transportaient 24 kilos d'opium. Je demande quel âge ils ont : ils n'ont aucuns papiers, mais déclarent avoir 16 ou 17 ans; cela leur évite la prison. Ils seront expulsés en Afghanistan, où ils essayeront de nouveau de traverser la rivière dans deux ou trois jours. Ils gagnent quinze dollars pour chaque prise couronnée de succès et risque à chaque fois leur vie.
L'Afghanistan est devenu le premier producteur d'héroïne au monde. Ces dernières années, selon les chiffres de l'UNODC (le Bureau des Nations unies sur les Drogues et les Crimes), les organisations criminelles que transportent l'héroïne de l'Afghanistan au Tadzhikistan récoltent chaque année plus de 80 millions de dollars.
Depuis que le narco-trafic, qui passait habituellement par l'Iran et la Turquie, a été mis sous surveillance des autorités iraniennes, une grande part du commerce de la drogue a changé d'itinéraires, remontant au nord et traversant la Russie. Aujourd'hui, le transit d'héroïne à la frontière entre l'Afghanistan et le Tadzhikistan est suffisant pour répondre à la demande de la Grande-Bretagne pendant neuf ans et celle de l'Europe pendant un an.

Mon voyage se poursuit à bord d'un véhicule mécanisé blindé en compagnie de vingt soldats russes et d'un Afghan de 31 ans, père de 5 enfants, qui a été arrêté la nuit précédant alors qu'il guidait un groupe de trafiquants. Il connaît la montagne comme sa poche. Il ne veut pas collaborer, ayant peur que les autres cherchent à se venger sur sa famille. Même sous la presion des russes, il ne dira rien. La disparité entre les vingt soldats armés et le frêle Afghan désespéré me fait me demander quel parti je devrais prendre. Je lui donne une grape de raisins et me demande s'il a une idée de ce que peut être l'Europe. Ses jambes ne l'ont jamais porté aussi loin : il ne peut même pas imaginer ce qu'un kilo d'héroïne peut signifier dans nos rues. (Lire le texte intégral, en anglais...)

Stefano Zardini

© Stefano Zardini
Portfolio de Stefano Zardini

 

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