Au commencement, il y a le portrait, de stars principalement. Ensuite vient le nu, mixte d'abord puis presque exclusivement masculin. Le tout est marqué par l'ombre, la lumière et de vrais regards. Voici l'œuvre de Greg Gorman.
Le nombre de stars photographiées par Greg Gorman est tellement impressionnant qu'il est difficile de choisir quels exemples pourraient être les plus pertinents à citer. Ira-t-on du côté des plasticiens avec Andy Warhol et David Hockney, se tournera-t-on vers les réalisateurs avec Hitchcock ou Orson Wells, vers les acteurs avec Rossy de Palma ou Léonardo di Caprio ? Le choix pourrait s'orienter également vers la musique du côté de George Clinton ou de Michael Jackson. Mais l'énumération serait trop vaste. Il semble que Greg Gorman ait photographié l'ensemble des personnalités inscrites dans la culture collective.
Commençons donc par le début. 1968, Greg Orman, est passionné de rock n' roll. Il assiste au concert de Jimmy Hendrix. Il a amené avec lui son appareil photo. Il shoote. Deux semaines plus tard, il continue avec Jim Morrisson, puis Janis Joplin, Joe Cocker... Ces différentes expériences l'amènent à suivre des études de photographie après le lycée. Son objectif : devenir photojournaliste. A la fin de son apprentissage, le jeune photographe se rend à Los Angeles où il réalise avec énergie, de nombreux portraits qu'il vend 35 dollards, développement inclus. A force de persévérance, Greg Gorman entre peu à peu dans le milieu Hollywoodien et parvient à se faire un nom.
C'est aussi à cette époque qu'il acquiert un style. Il dit de ses portraits du début qu'il étaient « interchangeables » et donc sans grand intérêt. Il commença donc à chercher commer isoler l'individualité de ses modèles. Travaillant en partie avec des acteurs, il découvre comment le regard peut dévoiler la personnalité et aller au delà du jeux. La lumière l'aide ensuite à souligner certains aspects tout en laissant le reste du corps dans une obscurité pleine de mystère. L'ombre autant que la lumière tient une grande place dans les photographies de Greg Gorman, elle favorise le développement de l'imagination.
Dans les années 80, ses portraits prennent une dimension intimiste. L'appareil photo est plus près du modèle et la vision se fait frontal. Dans le même temps, il développe une oeuvre personnelle explorant le nu. Ce travail n'est pas différents de ses images de célébrités, il s'inscrit dans la continuité de ses recherches sur l'individu et la lumière. Il les déshabille, seulement. Mariage entre sensualité et mystère, ses nus sont acclamés. Il publie Volume I et II et expose dans les galeries du monde entier. Les années 90 voient ses recherches se poursuivrent. La confrontation avec la lumière naturelle est un de ses axes de travail. Il fait évoluer ses nus en plein air et allie aux courbes naturelles, celles de ses modèles.
D'abord réfractaire à la révolution numérique des années 2000, Greg Gorman se met très vite à utiliser les outils informatiques. Il donne depuis, des cours où il spécialise ses élèves au noir et blanc. Dans le même temps, ses travaux personnels prennent une tournure plus masculine. Il publie As I see it où ses modèles ne sont plus que des hommes. Sorti récemment, Ode of Pindar, est également dédié à la gente masculine. Le titre fait référence au poète grec qui de son temps célébrait la prouesse athlétique et la beauté des sportifs .
Dans le futur, Greg Gorman se voit travailler avec les performers du Cirque du soleil. Il pense aussi se consacrer à une autre de ses grandes passions, le vin, en produisant une série sur les vignerons.