Travaillant aussi bien avec des matières naturelles qu'avec des pigments haute technologie et des logiciels dernier cri, Orcalyde mêle la science et l'art dans des expérimentations fascinantes. Ses OGM, ADN, OVNI sont à découvrir cette semaine dans Art digital.
Orcalyde ne répond pas au profile type de l'artiste nouveau média. Travaillant dans la communication, elle n'est venue que tard au monde de la création. Ses premières œuvres sont peintes, abstraites et « expresionnistes ». Son parcours ne laissaient que peu présager d'un avenir dans l'art digital. Mais poussée par l'envie de traduire tous les sentiments qui la traversent dans cette première phase créatrice, elle développe un concept d'œuvres odorantes qui intègrent épices et graines. L'artiste se tourne alors vers ce qui caractérisera son œuvre entière : la passion pour l'expérimentation. Plus tard, ayant accès à des pigments de l'industrie cosmétique et automobile, elle décide d'allier nature et haute technologie dans des toiles odorantes à l'aspect visuel inédit.
C'est tout naturellement, que s'imposera ensuite l'outil informatique. Toujours liée à la peinture, Orcalyde apprend à se servir des nouveaux moyens de création qui se présentent à elle : « mon pinceau est ma souris, mon écran, ma toile, maya photoshop, ultrafractus, mon huile, mes pastelles, mon acrylique... ». Elle crée à partir de ceux-là, une nouvelle série intitulée OGM (Œuvres Génétiquement Modifiées). Retravaillant avec des logiciels de traitement d'images, des matrices qui lui servent de base, elle « effectue des « opérations chirurgicales », des « liftings », afin de donner naissance à des œuvres finalisées hybrides, transmutées, mutantes. ». Le résultat, transposé sur support (plax, aluminium, cuivre...), offre au regard un monde infini faisant aussi bien penser à l'univers qu'aux plus petites particules biologiques. Elle questionne ainsi le regard du spectateur sur les modifications assistées de l'ordre naturel. Ces problématiques l'amèneront à se pencher sur sa propre identité à travers la transcription de son individualité par l'ADN. Ayant obtenu son profil génétique, elle s'amusera ensuite à transmuter sa séquence ADN et à réaliser « des œuvres multi-colorielles dont la lecture s'étend du pixel à l'oeuvre dans sa globalité. ». Une autre varation de ce travail fera apparaître des images sous forme de code barre illustrant la ligne 666 de sa séquence ADN. Le tout étiré et colorisé donnera naissance à une partition musicale associée à l'œuvre graphique. Après la vue et l'odorat, Orcalyde se penche ainsi sur l'ouïe et se tourne vers un art total. De sa propre expérience, elle appliquera aux autres le modèle de la séquence ADN pour créer ses Digit.AL Faces et « dresser les portraits de mes amis, personnalités du monde de l'art, de la musique, de la politique ou du cinéma, en m'appuyant sur leurs empreintes digitales, le scan de leur iris ou la séquence graphique de leur ADN que je mixte avec la multitude de codes, chiffres, suites de nombres qui les encombrent, les identifient, les catégorisent : interrogation graphique et cristalisation sur la biométrie et ses dérives sociologiques et politiques... ».
Dernière expérimentation en date : la série SMS mêle « bribes de mails, de messages sms « ciber amoureux » qui se répondent ou se croisent, tous écrits dans une langue ciber - hybride utilisée dans nos nouvelles pratiques de séduction et de rituels amoureux. ». Témoin de son époque, elle interroge le spectateur sur les nouveaux modes de communication qui unissent ou désunissent le genre humain du 21éme siècle.
Exactement la même idée que celle de Xavier Moehr en ce qui concerne le prélèvement d'ADN de stars et la transposition dans un univers graphique ici > www.xaviermoehr.com/ Mais c'est un travail antérieur de 12 années. à voir également.
Commentaires
primo 28-09-2008 00:10
ici > www.xaviermoehr.com/
Mais c'est un travail antérieur de 12 années.
à voir également.
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